Recherche
Nos derniers articles

Que contient le budget 2026 ?

The Now Time
Publié le
3/2/2026

Après 4 mois de débats (ressenti 1 an), l’Assemblée nationale adopte le Budget de l’État 2026. Et pour séduire les députés, le Premier ministre S. Lecornu a sorti le chéquier : le texte vise 5% de déficit, contre 4,7% dans sa V1.

Du côté des gagnants : L’armée a de quoi se réjouir, le budget de la Défense augmente de 6,7 milliards d’euros cette année. La prime d’activité a aussi été revue à la hausse (+1,5 milliard), une mesure consentie au Parti socialiste par S. Lecornu en échange d’une garantie de non-censure.

  • Plus encore : Les repas du Crous à 1 euro seront étendus à tous les étudiants (coût de la mesure : entre 30 et 90 millions). Avant, les non-boursiers devaient payer leur bœuf-carottes-flan 3,30 euros. Seul problème : le Cnous (qui dirige le Crous) craint un afflux d'étudiants impossible à gérer.

Du côté des perdants : On retrouve surtout les grandes entreprises. Un peu comme le confinement censé durer quelques semaines, la surtaxe sur leurs bénéfices, qui devait durer juste un an, s’installe dans la durée. Recettes attendues : 7,5 milliards.

Mais si ce nouveau budget vise 5% de déficit, il cache une bonne nouvelle : en 2026, la dépense publique augmentera moins vite que les années précédentes (+0,8% contre +1,7% en 2025 et +2,1% en 2024). Résultat : la croissance (1%) sera supérieure à la hausse des dépenses, donc alleluia, le poids des dépenses dans les caisses nationale va baisser.

Un peu de recul. Avec ce vote, S. Lecornu réussit là où M. Barnier et F. Bayrou ont échoué. Mais est-ce vraiment un texte d’avenir ? L’État va dépenser pour soutenir les salaires (prime d’activité) et augmente la fiscalité des entreprises (surtaxe sur les bénéfices). Ensemble, ces mesures pourraient tirer les salaires vers le bas, si les entreprises répercutent la surtaxe sur leurs salariés.

  • D’autant plus qu’elles savent que l’État compensera des revenus maintenus artificiellement bas : la France subventionne les bas salaires à hauteur de 90 milliards d’euros par an.

Bref. La politique industrielle française sort aussi de cet épisode (un peu) essorée : le plan d’investissement massif France 2030 (numérique, transition énergétique et soutien à l’innovation) perd 1,5 milliard d’euros. Un peu plus difficile de se projeter, donc.