Groenland : Pourquoi D. Trump fait-il machine arrière ?

D. Trump dit avoir conçu le “cadre d’un futur accord” sur le Groenland avec le chef de l’Otan et annonce donc renoncer aux droits de douane le 1er février.
Comment en est-on arrivé là ? D. Trump a beau jouer les gros bras, vu la panique sur les marchés hier, il n’avait pas d’autres choix que de faire Ctrl + Z. Après les différentes menaces du président américain, le S&P 500 a enregistré sa pire chute sur une journée depuis 3 mois, le dollar a chuté de 1%, et le taux d’emprunt à 10 ans des États-Unis a augmenté de 7 points de base.
- Dans un premier temps, D. Trump a affirmé renoncer à la force pour s’emparer du Groenland (après une ref’ aux lunettes d’E. Macron et une croisade anti-éolienne). Puis, dans la soirée, il a annoncé un accord. Action-réaction : les marchés américains sont repartis à la hausse (la Bourse de Paris était fermée) et la pression sur les taux US est retombée.
Dans les faits : Avant son discours, l’ambiance “sell America” gagnait de plus en plus de terrain sur les marchés. En clair, les investisseurs commençaient à vendre massivement les obligations américaines, et quand les obligations chutent, le coût d’emprunt des États-Unis grimpe, tout comme la pression artérielle de D. Trump.
- Pourquoi ? Les États-Unis vivent à crédit. Avec une dette proche de 40 000 milliards de dollars et un déficit qui se creuse, la fin de l’argent facile ferait très mal. Des taux plus élevés, c’est une croissance qui cale. Et ça, même les plus grands cowboys ne peuvent pas l’ignorer.
- D. Trump avait d’ailleurs déjà revu à la baisse ses droits de douane après une remontée des taux au printemps dernier.
Un peu de recul. L'Europe y voit une potentielle arme, mais malgré tout, se débarrasser des obligations américaines ne manquerait pas d’empirer la guerre commerciale UE-USA.
Plus encore : Le “Sell America” est plus difficile à mener en Europe qu’en Chine où l’État peut coordonner cette vente, comme ses bons du Trésor sont stockés dans les réserves de sa Banque centrale. En Europe, ils sont disséminés plus largement dans différents fonds, dont certains privés (fonds de pensions, gestionnaires d’actifs…).
Bref. Il n’empêche, certains en Europe assument le “Sell America” pour instaurer un rapport de force : mercredi, le fonds de pension suédois Alecta a annoncé avoir vendu l’équivalent de 8,8 milliards de dollars de bons du Trésor (sur un stock de 11 milliards), et le danois Akademirpensions compte lui emboîter le pas d’ici la fin du mois.











