Face à l’envolée du cours du pétrole, les pays du G7 réfléchissent à utiliser leur réserve stratégique

EPA-EFE/Max Slovencik
Publié le
9/3/2026

Face à l’envolée du cours du pétrole, les pays du G7 réfléchissent à sortir fumer, boire et oublier 300 millions de barils de leur réserve stratégique.

Rappel : Les pays du G7, dont fait partie la France, appartiennent à l’Agence internationale de l’énergie (AIE), un organe de l’OCDE qui impose à ses membres de garder l’équivalent de 90 jours de leur consommation de pétrole en stock. À ce titre, elle détient entre 15 et 16 millions de barils dans sa réserve stratégique.

  • De leur côté, les États-Unis (+ cigale que fourmi) poussent l’AIE à mettre entre 300 et 400 millions de barils de pétrole sur le marché, pour faire redescendre le cours du pétrole, qui a tutoyé les 120 dollars lundi matin. Soit 30% de la réserve de pétrole de l’AIE.

Dans les faits : Le G7 examinera la mesure en réunion aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, puiser dans ces réserves n’est pas une solution de long terme : en 2022, l’AIE avait libéré 180 millions de barils, et la baisse des cours n’avait duré que quelques semaines. La seule manière de revenir à la normale, c’est de make le détroit d’Ormuz peace & love again.


En attendant… les prix à la pompe grimpent en France : +10 centimes/litre d’essence sur 7 jours vendredi, +26 centimes/litre pour le gaz. Pour freiner cette hausse, le gouvernement va renforcer ses contrôles dans les stations-service, histoire de voir si certaines gonflent les prix de manière artificielle.  

  • Problème : Pour Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique d’E. Leclerc, l’État se trompe de cible. Pour lui, cette hausse n’est pas la faute du “pompiste du coin”, mais plutôt du comportement spéculatif de raffineurs comme BP, TotalEnergies, Avia, Shell et co., “très en amont” des stations-service.

Un peu de recul. Il existe une autre manière de faire baisser le cours du pétrole : faire transiter l'or noir du Moyen-Orient par des routes de transport alternatives. L’Arabie Saoudite - qui a ralenti l’activité de ses raffineries lundi - redirige certains de ses pétroliers vers son oléoduc Est-Ouest : un conduit qui relie la péninsule arabique à la mer Rouge, et peut faire transiter 5 millions de barils par jour.


Bref. 5 millions, c’est un bon début, mais ça ne représente qu’un quart des capacités du détroit d’Ormuz. Et l’Iran a un intérêt stratégique à le rendre aussi dangereux que possible, pour que la hausse des prix de l’énergie et de l’alimentaire (33% des engrais mondiaux passent par Ormuz) rendent la guerre de D. Trump contre l’Iran de + en + impopulaire à domicile.