Les Emirats Arabes Unis se retirent de l'Opep

Séisme : le 1er mai, les Émirats arabes unis quittent l’Opep. C’est donc une relation de 60 ans qui se termine, à cause du chamboule-tout de la guerre en Iran sur les marchés pétroliers…
Dans les faits : Les Émirats arabes unis comptent sur ce départ pour booster leur production de pétrole, sans avoir à se soumettre aux quotas de l’Opep.
- Pour rappel, l’Opep est un "cartel pétrolier" qui réunit 11 gros producteurs de pétrole, notamment des puissances du Golfe. Mais depuis quelques années, les émirats trouvent que l’Arabie saoudite pèse trop dans l’Opep… et les empêche de produire autant qu’ils veulent. Il y avait donc déjà des tensions dans la villa…
Et la goutte d’eau qui a fait déborder le baril, c’est clairement la guerre en Iran. En mars, la production de pétrole de l’Opep s’est effondrée : -27% de barils exportés sur un mois. Les Émirats ont été particulièrement touchés : -45%.
- Résultat, le pays affirme avoir besoin de + de flexibilité pour traverser cette crise, et compte sur son départ de l’Opep pour forer à plein régime, dès que le détroit d’Ormuz réouvre. Mais il promet de déployer son supplément d’offre “raisonnablement”, histoire de ne pas trop faire chuter les cours.
Et maintenant ? L’Opep sans les EAU, c’est quand même 40% de l’offre mondiale de pétrole, donc l'organisation ne perdra pas (toute) sa capacité à fixer les cours. Mais pour les analystes, ce départ va clairement rendre le marché du pétrole plus volatil, comme ses acteurs seront moins coordonnés.
Un peu de recul. La guerre en Iran transforme déjà en profondeur le marché du pétrole : comme le cours du baril est haut, les grandes majors pétrolières se remettent à chercher des nouveaux gisements de pétrole.
- L’idée, c’est aussi de réduire leur dépendance aux barils du Moyen-Orient, trop dépendants du détroit d’Ormuz…
Bref. Dans un autre contexte, une telle annonce aurait sûrement fait baisser les cours du pétrole. Mais comme les négociations États-Unis-Iran n’avancent pas et que le détroit d’Ormuz reste bloqué, le baril a continué sa grimpe hier, jusqu’à dépasser les 110 dollars… comme si les Émirats n’avaient rien dit.











