Le conflit en Iran propulse les prix du gaz et du pétrole

Comme prévu, la guerre en Iran fait flamber les cours du gaz et du pétrole. Pendant que les traders se replient sur les valeurs refuges (or, dollar), les frappes s’intensifient au Moyen-Orient.
Dans les faits : La chaîne logistique du pétrole est sous haute tension. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20% du pétrole mondial, est actuellement trop dangereux pour être emprunté. Quatre navires y ont été attaqués et les assurances ont arrêté de couvrir les pétroliers qui le traversent.
- Pour ne rien arranger, la principale raffinerie de pétrole d’Arabie Saoudite est à l’arrêt. Lundi, elle était brièvement en feu, à cause de débris de drones interceptés. La crainte est donc que l’Iran multiplie les opérations similaires dans la région.
Résultat : Le cours du baril de Brent a bondi de 13% à l’ouverture des marchés lundi (à 82 dollars). C’est beaucoup, mais bien moins que les 132 dollars atteints post-invasion de l’Ukraine, en 2022.
Problème : Eh bien c’est pas fini… Ça coince aussi du côté du gaz. Le Qatar (1er exportateur mondial de gaz naturel liquéfié) a suspendu sa production, après une attaque de drone de l’Iran. Israël a suivi de manière préventive. Pire : comme le pétrole, 20% du gaz mondial transite par le… vous l’avez… détroit d’Ormuz. Aie.
- Lundi, le cours du gaz a donc bondi de 50%. Goldman Sachs envisage même une hausse de 130%, si le conflit dure. Cette hausse va d’autant plus se ressentir en Europe que le continent est dépendant du gaz du Moyen-Orient, depuis qu’il a dit ciao, good bye au gaz russe. Et évidemment, ça tombe en pleine saison de remplissage des stocks après l’hiver. Timing impeccable.
Un peu de recul. Malgré les craintes, les marchés ont plutôt gardé la tête froide ce lundi. Oui, certains secteurs ont pris cher : Air France-KLM (-9,4%), LVMH (-4,3%), le géant espagnol Inditex (-4,7%), et les indices européens ont vacillé après l’attaque au Qatar… mais au global, on est loin de la catastrophe.
- Le S&P 500 termine à l’équilibre après avoir perdu plus de 1 % dans l’après-midi. En parallèle, les valeurs de l’énergie et de la défense progressent, et certains géants de la tech, dont Nvidia (+2,9) et Oracle (+2,6%) ont même rebondi.
Bref. Reste à voir si le calme peut vraiment durer… Téhéran et Beyrouth ont encore été frappées hier soir, et en représailles, l’Iran a frappé l’ambassade américaine en Arabie saoudite. D. Trump assure que les attaques dureront entre 4 et 5 semaines, et M. Rubio affirme que “le pire est à venir”…










