Pourquoi V. Poutine se rend-il en Chine ?

X. Jinping, c'est un peu cet ami qui a une villa avec piscine vue mer : tout le monde veut lui rendre visite en ce moment… Après D. Trump, c’est donc V. Poutine qui atterrit en Chine, avec des demandes bien précises.
Dans les faits : Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Russie, blacklistée par l’Europe, est ultra-dépendante de la Chine, son 1er importateur de pétrole. Et V. Poutine arrive à Pékin avec une idée fixe : négocier pour que la Chine importe + de pétrole et de gaz russe.
- Il aimerait notamment (re)lancer un projet qui a du mal à décoller du groupchat : Power of Siberia 2, un deuxième gazoduc entre les deux pays qui relierait cette fois les ressources du nord-est de la Russie à la Chine, en passant par la Mongolie, et coûterait 13 milliards de dollars.
Rappel : Si V. Poutine est pressé de sceller l’accord, c’est que l’économie russe va mal. Après un rebond lié à la bascule vers une économie de guerre, la croissance russe s’est contractée au premier trimestre 2026 (-0,2% point de PIB), pour la première fois en trois ans.
Problème : La Chine n’est pas convaincue du projet. Et ça, c’est parce que le Power of Siberia 2, additionné au Power of Siberia 1, mènerait la Chine à importer… 60% de son gaz de la Russie. Et la Chine, c'est aussi cette amie qui a peur de l'engagement : elle essaie de ne jamais dépendre d’un pays à + de 50%, pour ses importations.
Un peu de recul. V. Poutine a tout de même un argument de taille pour faire avancer les négos : le choc énergétique causé par la guerre en Iran. En clair, avoir une autre pipeline à activer en cas de blocage d’un détroit clé (Ormuz, Gibraltar…) pourrait sécuriser les importations énergétiques chinoises.
- Gazprom essaie donc de convaincre la Chine en promettant du gaz à prix cassé, sur le Power of Siberia 2, avec une offre digne de celles des meilleurs vendeurs du souk de Marrakech : un prix 3,5 fois inférieur au prix du marché.
Bref. X. Jinping va écouter les demandes de V. Poutine, mais leur relation est plus déséquilibrée que jamais : la Chine est de loin le premier partenaire commercial de la Russie (elle est derrière 30% de ses exportations et 40% de ses importations) quand la Russie représente… l’équivalent du Vietnam dans les exportations de la Chine (4%).











