Le prix du baril de pétrole dépasse les 100 dollars pour la première fois depuis 2022

Au dixième jour de la guerre en Iran, l’escalade continue : dimanche, des dépôts de pétrole iraniens étaient en feu après des frappes israéliennes, et le prix du baril a même dépassé les 100 dollars hier soir pour la première fois depuis 2022.
Dans les faits : Les infrastructures énergétiques sont au cœur de cette guerre. En bombardant des dépôts de pétrole, Israël veut mettre l’économie iranienne à l’arrêt. Des frappes ont également atteint des usines de désalinisation d’eau potable en Iran et au Bahreïn, une escalade de + (presque toute l’eau potable de cette région désertique passe par ce type d’usine).
- D. Trump parle même d’un possible envoi des forces spéciales américaines en Iran.
Résultat : La perspective d’une guerre longue fait bondir les cours de l'énergie. Le cours du baril de Brent a dépassé les 100 dollars hier soir pour la première fois depuis 4 ans, et le ministre de l’énergie du Qatar envisage les 150 dollars si le détroit d’Ormuz reste bloqué plusieurs semaines.
- Les pays font donc des 180° sur leurs engagements pour tenter d’éviter un choc énergétique. La Chine a suspendu ses livraisons de diesel et de gaz aux pays de la région et Washington vient même d’autoriser l’Inde à reprendre les livraisons de pétrole russe, pour un mois compte tenu de la situation.
Pendant ce temps, les drones iraniens continuent d’attaquer les pays du Golfe. Dimanche, l’Arabie Saoudite a enregistré ses premières victimes civiles du conflit. Ces attaques visent les symboles de présence américaine dans la région : bases militaires, ambassades… et data centers.
Plus encore : Mojtaba Khamenei, fils d’Ali Khamenei, a été désigné nouveau Guide suprême iranien hier soir. En clair, le plan de D. Trump, qui consistait à inciter la population locale à renverser le régime, ne semble pas fonctionner.
Un peu de recul. Toute déstabilisation du Golfe se voit sur les cours du gaz et du pétrole. Un baril de pétrole à 150 dollars pourrait plonger l’économie mondiale dans une stagflation (forte inflation + faible croissance) et pourrait, en parallèle, accélérer le déploiement des renouvelables. Selon le vice-président de Microsoft en charge de l'énergie, B. Hollis, ce sont des sources “plus stables au niveau des prix”.
Bref. Les autres victimes de cette guerre, ce sont les compagnies aériennes, qui doivent adapter leurs itinéraires à la fermeture des espaces aériens de l’Iran, de l’Iraq et du Golfe… et les annulations de vol se multiplient (+ de 23 000 vendredi).











