Les négociations entre la grande distribution et les industriels sont plus plus intenses que jamais

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Publié le
16/2/2026

Chaque année, entre le 1er décembre et le 1er mars, démarre une guerre sans merci entre les supermarchés français et les fournisseurs. L'objectif : fixer les prix en rayon (et ne laisser aucun survivant).

Pourquoi on en parle ? On est en plein dans cette période, et Leclerc vient de prendre une amende (salée) de la répression des fraudes pour non-respect des conditions de négociation.

Un peu de contexte : Les négos entre magasins et fournisseurs ne sont pas à prendre à la légère. Souvenez-vous Noël dernier : impossible de trouver des chocolats Lindt chez Leclerc. Le chocolatier suisse voulait une hausse des prix en rayons pour préserver ses marges avec la montée mondiale du prix du cacao. Pas question, avait répondu Leclerc, allez vous vendre ailleurs.

Mais Eurelec, la centrale d’achat d’E. Leclerc, vient d’être épinglée par la répression des fraudes. Le groupe n’aurait pas respecté la date limite de négociation avec certains fournisseurs français l’an dernier. Concrètement, Leclerc aurait attendu le dernier moment pour mettre la pression à ses fournisseurs et les forcer à signer.

  • Résultat : une amende de 33 537 615 euros. Mais de son côté, le groupe assure que sa centrale d’achat (basée à Bruxelles) dépend du droit européen. Réponse des autorités : fournisseurs français, loi française, point.

Et maintenant ? En 2026, les fournisseurs et industriels voudraient une hausse moyenne de 2% des prix de leurs produits. Les supermarchés, eux, visent plutôt une baisse de 5% des prix d'achat. Vous voyez où ça va coincer…?


Un peu de recul. Si la répression des fraudes se montre aussi dure, ce n’est pas pour rien. Avec un chiffre d’affaires en hausse de 2,4% sur un an à + de 51 milliards d’euros (sans compter le carburant) en 2025, E. Leclerc est en pole position dans le secteur des grandes surfaces. Le groupe représente ≈ un quart des parts de (super)marchés du secteur. Pas question qu’il montre le mauvais exemple.


Bref. Il reste deux semaines pour finir de négocier les prix. Les deux parties ont signé une charte en novembre dernier pour apaiser les négociations mais on parle quand même de 3000 PME + une vingtaine de gros groupes agro-alimentaires VS les 4 principales centrales d’achat. Ready ? Fight !