Dissuasion nucléaire : les dirigeants européens face au dilemme

À la conférence de Munich ce week-end, les États-Unis ont calmé le jeu, mais les Européens l'ont encore en travers de la gorge...
Contexte : La conférence de Munich, c’est le grand RDV annuel où chefs d’État et experts se retrouvent pour parler sécurité et géopolitique. L’an dernier, le vice-président américain J.D. Vance avait éteint l’Europe, mais cette année, l’ambiance était bien différente…
Dans les faits : Pas de J.D. Vance à l’horizon. M. Rubio, secrétaire d’État américain, à l’inverse, a insisté sur la volonté américaine de “revitaliser une vieille amitié” et de bâtir une “alliance revigorée”. Pourquoi cette courbette ?
- Pékin est en train de se positionner en défenseur du multilatéralisme et veut renforcer ses liens économiques avec l’Europe. En clair, si les US partent, Pékin aura le champ libre.
Problème : Les Européens n’ont pas oublié le discours de l’an dernier. Le chancelier allemand F. Merz a donc relancé le débat sur la dissuasion nucléaire européenne. L’Allemagne reste liée par le traité “deux-plus-quatre” de 1990, qui acte son renoncement à l’arme nucléaire, mais il ne sait pas s’il peut compter sur ses voisins.
Pourquoi ? Les deux puissances nucléaires du continent (France et Royaume-Uni) ont un peu plus de 500 têtes nucléaires, contre 5 000 pour la Russie et 3 700 pour les États-Unis. D’un côté, la France contrôle 100% de sa force de frappe mais l’Allemagne s'inquiète des présidentielles de 2027, et de l’autre, le Royaume-Uni, lui, dépend des États-Unis pour ses missiles embarqués sur sous-marins.
- En clair, les arsenaux européens sont limités en cas d’escalade régionale prolongée. Un groupe d’experts a même alerté sur un “déficit de dissuasion” en Europe.
Bref. L'équation est délicate : comment affirmer une autonomie stratégique sans donner le signal d’un désengagement vis-à-vis des États-Unis ? L'Allemagne a précisé que "toute réflexion s’inscrirait dans le cadre de l’Otan", mais aucune solution n’est satisfaisante pour le moment. E. Macron doit prononcer fin février un discours sur la doctrine nucléaire française. Affaire à suivre...











