Pourquoi les États-Unis ont-ils saisi deux navires pétroliers ?

Hakon Rimmereid/Reuters
Publié le
8/1/2026

Après avoir enlevé N. Maduro, menacé le Groenland et demandé jusqu’à 50 millions de barils de pétrole au Venezuela mardi soir, D. Trump a encore frappé.

Dans les faits : En plein cœur de l’Atlantique et des Caraïbes, les États-Unis ont saisi deux navires pétroliers soupçonnés de vouloir contourner le blocus pétrolier imposé à Caracas. Parmi eux, un navire désormais sous pavillon russe, le Marinera, dont la capture par les forces américaines a déclenché un drama diplomatique avec Moscou.


Pourquoi ? Ces deux navires transportaient bien évidemment du pétrole vénézuelien. Les arrêter permet à D. Trump de renforcer leur blocus énergétique autour du Venezuela, et donc d'affirmer qu’il est le roi du pétrole dans le pays.

  • Rappel : D. Trump a imposé un embargo pétrolier au Venezuela en 2019 (synonyme d'interdiction à l'export) pendant son premier mandat pour étouffer l’économie et provoquer la chute de Maduro. Mais en 2022, J. Biden l'a partiellement assoupli dans le cadre d'un deal avec le Venezuela pour permettre au pétrolier américain Chevron de revenir dans le pays.

Aujourd'hui, avec la Russie impliquée, la Chine (plus grand acheteur de pétrole vénézuélien) contrarié, l’Iran en toile de fond et le pétrole comme outil de pression, ce blocus dépasse largement le Venezuela. Le message est clair : les USA traqueront n’importe quel navire, partout, dès qu’il touche au pétrole sous sanctions. Pour les États-Unis, c’est une bataille contre la “dark fleet”, ces navires opérant pour les États sous sanctions.


Et maintenant ? Juste après ces saisies, le secrétaire d’État américain M. Rubio a posé les trois piliers du plan américain pour le Venezuela, post-chute de Maduro :

  1. Saisie et revente de 30 à 50 millions de barils de pétrole vénézuélien : estimée entre 1,8 et 3 milliards, ils seront directement gérés par les USA.
  2. Ouverture du marché vénézuélien aux entreprises occidentales : priorité donnée aux firmes américaines pour “accès équitable”.
  3. Transition politique : flou volontaire, mais intégration de l’opposition dans le jeu politique.

À noter : Comme le disait Mike Tyson, « tout le monde a un plan jusqu’au premier coup de poing dans la figure », et ce premier coup ne semble plus très loin : au-delà des démocrates au Congrès qui contestent la légalité de la manœuvre du président, les Vénézuéliens eux-mêmes sont partagés.


Bref. Tous les yeux sont désormais rivés sur la Russie qui parle de "violence illégale en haute mer", d’autant que cette manœuvre était tendue : l’opération aurait pu capoter au dernier moment quand la Russie a envoyé un sous-marin escorter le navire, sauf qu’il n’est pas arrivé à temps. En clair, c’est tension max entre Moscou et Washington, et D. Trump pourrait bien faire pousser V. Poutine dans ses retranchements...