L'accord du Mercosur sera signé ce samedi, mais la partie n'est pas encore terminée

Frederic Köberl
Publié le
12/1/2026

La France, première puissance agricole de l’UE, a été laissée en "vu" vendredi : les 27 ont adopté l’accord avec le Mercosur.

Pourquoi on en parle ? C’est juste historique. Après plus de 25 ans de négociations, l’accord sur le Mercosur sera signé ce samedi au Paraguay par U. von der Leyen, présidente de la Commission européenne.


Rappel : L'accord sur le Mercosur, c'est un traité de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay). Parmi les axes principaux de l'accord :

  • Un accès privilégié à des matières premières stratégiques entre l’UE et les quatre pays.

  • La suppression de 91 % des droits de douane côté Mercosur et de 92 % côté UE, dans les 15 prochaines années, et l'ouverture de nouveaux marchés pour les secteurs industriels européens, en particulier pour l’automobile et le vin.

La France a voté non, mais l’accord a été approuvé à la majorité grâce au retournement de veste de l’Italie. Et si en principe l'accord ne peut entrer en vigueur qu’après ratification du Parlement européen, la Commission envisage un contournement pour une application provisoire.


Et maintenant ? Tout pourrait se jouer en février à Strasbourg, où le sort du traité dépendra d’un vote sous haute tension des eurodéputés et peut-être d’un recours à la justice européenne. En clair, s’il passe, près de 150 eurodéputés sont prêts à saisir la Cour, ce qui pourrait tout geler pendant 12 à 18 mois. Et s’il est rejeté par le Parlement ou retoqué par la justice, l’accord finira à la poubelle.


Un peu de recul. Malgré l’opposition d’E. Macron, cette histoire pourrait perturber les plans du gouvernement, dont le budget : d’un coté, LFI et le RN ont déposé deux motions de censure contre le gouvernement pour contester la gestion de l’exécutif sur ce dossier. Et de l’autre, la colère des agriculteurs est au plus haut…  

  • Résultat : Le gouvernement a promis un plan de 300 millions d’euros pour calmer la colère, sauf que tout dépend du vote du budget.

Bref. S. Lecornu a brandi la menace d’une nouvelle dissolution de l’Assemblée pour mettre la pression sur les socialistes, qui détiennent une partie des clés du vote du budget. Pour l’instant, le PS refuse de voter avec l’extrême droite, donc les motions de censure ont peu de chances d’aboutir, mais en attendant, il va falloir trouver une solution pour répondre au ras-le-bol des agriculteurs…