Stellantis enregistre une perte historique de 22,3 milliards d’euros en 2025

C’est la pire année de son histoire. C’est tellement la cata pour le géant de l’automobile Stellantis qu’il est prêt à pactiser avec "l'ennemi" la Chine.
Dans les faits : Le chiffre d’affaires de Stellantis a baissé de 2% sur l'année passée. Mais surtout, le géant finit 2025 avec 22,3 milliards d’euros de pertes. Des “charges exceptionnelles” déjà annoncées début février, et quasiment entièrement liées à sa stratégie sur les véhicules électriques, dont le rythme a été “surestimé” (c’est le moins qu’on puisse dire).
Rappel : En décembre 2024, Stellantis perdait sa star : C. Tavares. Mais avant de partir, le patron emblématique lui a fait un beau cadeau : une transition à peine amorcée dans l’électrique, que le groupe a dû fortement réduire, ce qui a entrainé une vague de surcoûts et le mécontentement des investisseurs.
Concrètement, selon le plan de C. Tavares, les véhicules électriques devaient représenter 38% des ventes du groupe d’ici 2025. Et d’ici 2030, Stellantis prévoyait carrément de ne produire que des modèles électriques.
- Problème : Les 25 milliards investis dans l’électrique sont loin d’être rentables, alors que la demande européenne déçoit et que les États-Unis ont supprimé plusieurs aides pour l’achat de véhicules électriques. Fin 2025, le géant annonçait déjà que l’objectif ne serait pas atteint, et l’action Stellantis a donc perdu 33% en Bourse depuis janvier.
Et maintenant ? Le constructeur veut regagner des parts de marché, et pour ça, il réduit ses prix et lance de nouveaux modèles, bien gourmands en essence, bien bruyants. Ses volumes de vente se sont d'ailleurs déjà améliorés et les livraisons en Amérique du Nord sont en hausse de 39% ce semestre.
Un peu de recul. Il n’est pas question pour autant d’abandonner totalement l’électrique, mais une nouvelle approche est plus que nécessaire. Le géant envisage donc d’utiliser la technologie chinoise pour fabriquer des modèles électriques (une première en Europe) plus abordables, comme ceux de son concurrent BYD.
- Son partenaire de choix : Leapmotor, avec qui Stellantis a déjà une coentreprise. Le géant veut accéder aux technologies avancées de la marque chinoise, niveau batteries et moteurs. Après, les négos n’en sont qu’au début et il faudra faire face à un obstacle : d’ici 2027, il sera interdit de vendre aux États-Unis des voitures connectées équipées de technologie chinoise…
Bref. Pour l’instant, le groupe, mené par son nouveau PDG A. Filosa, mise sur une croissance de 5% de son chiffre d’affaires en 2026 et présentera son nouveau plan stratégique au printemps.






