Comment fonctionne « l'instrument anti-coercition » dont l'activation est demanée par E. Macron ?

C’étaient encore les dramas ce week-end. Après les nouvelles menaces de D. Trump d’imposer une salve de droits de douane, la France, ciblée avec 7 autres pays européens, pousse pour activer “l’instrument anti-coercition”.
Un peu de contexte : D. Trump a menacé d’imposer jusqu’à 25% de droits de douane à 8 pays européens (dont la France) qui “ne vont pas dans le sens” de sa volonté d’acquérir le Groenland. Et ce qui l'a tendu, c’est un exercice militaire mené par ces États sur l’île, jugé “dangereux” par Washington.
- C’est donc l’accord commercial conclu à l’été 2025, qui imposait 15% de droits de douane aux exportations européennes, qui est remis en cause: D. Trump a brisé la confiance de Bruxelles.
Résultat : E. Macron a annoncé vouloir activer l’instrument anti-coercition, un outil de riposte économique qu’on utilise lorsqu’un pays tiers tente de forcer l’UE ou l’un de ses membres à faire un choix politique.
- Ce fameux “bazooka commercial", validé en 2023 mais jamais activé, vise 93 milliards d'euros de marchandises américaines. Concrètement, l'UE peut décider de mettre en place des quotas d’importation, des tarifs douaniers ciblés, des blocages d’investissements et des suspensions de droits de propriété intellectuelle.
Et maintenant ? On sort les griffes, mais on reste tout de même en Europe… La Commission doit d’abord enquêter pour prouver un chantage économique, puis proposer une riposte, soumise au vote des États membres. En clair, avant de sortir le bazooka, il faudra patienter plusieurs semaines, voire des mois, d'autant plus que certains pays y sont opposés.
- L’Allemagne et les Pays-Bas, dont l’économie repose sur l’exportation, craignent une spirale de représailles commerciales.
Un peu de recul. D. Trump se heurte à deux murs : la libre circulation des marchandises en Europe, qui rend les droits de douane ciblés quasi inapplicables, et un cadre juridique bancal. Son recours à l’International Emergency Economic Powers Act, la base légale de ses tarifs, est contesté devant la Cour suprême, avec une décision attendue dans les prochains jours.
Bref. D. Trump vient peut-être de déclencher l’une des plus graves crises commerciales transatlantiques de l’histoire. Et l’Europe n’a plus le choix : si elle cède, elle accepte la loi du plus fort et légitime l’usage de la force comme outil diplomatique.











