Pourquoi Ubisoft s'est effondrée en Bourse

Pas de botte de foin cette fois-ci, mais la chute libre de son action (- 40% hier), la pire baisse de son histoire.
Comment en est-on arrivé là ? Mercredi soir, Ubisoft, le géant français du jeu vidéo, a annoncé l’annulation du développement de six jeux dont le remake très attendu de Prince of Persia et le report de sept autres. Si Ubisoft pensait revenir à l’équilibre il y a quelques mois, l’entreprise annonce maintenant un déficit d’un milliard d’euros pour l'exercice fiscal 2025-2026. Il y a de quoi rage-quit.
Un peu de contexte. Durant l’ère Covid-19, qui a mis le monde entier devant Animal Crossing, l’entreprise survole : elle passe de 12 000 à 20 000 salariés, investit massivement dans des jeux AAA, la Champion’s League du jeu vidéo.
- Problème : Ubisoft multiplie les échecs, et les joueurs, tout comme les investisseurs perdent patience, et ce n’est pas mieux en interne. En 2020, la presse révèle une affaire de harcèlement sexuel et une ambiance toxique généralisée. Résultat des courses : l’action a perdu 95% depuis 2021.
Et maintenant ? Après une première restructuration en 2023 qui sabre 20% des effectifs, Ubisoft organise pour avril 2026 un virage dans l’organisation en séparant l’entreprise en 5 “maisons de création” indépendantes et plus compétitives. Le PDG, Y. Guillemot, de plus en plus contesté par les salariés, a aussi annoncé hier des fermetures de studios, des suppressions de poste et le retour au 100% présentiel.
Chacune des entités gérera à la fois la création des jeux et aura une pleine autonomie financière. Le but est simple : gagner en agilité et renouer avec son âge d’or créatif, celui de Far Cry 3 ou Assassin’s Creed 2.
- Ce plan de relance est le troisième plan d’économies en 3 ans, avec 200 millions d’euros de coupes supplémentaires prévues. Mais entre fermetures de studios, suppressions de postes et projets gelés, le groupe risque de s’enfermer dans une spirale de survie plutôt que de renouveau.
Plus que tout : Cet effondrement ouvre un boulevard pour un rachat, et tous les regards se tournent vers la Chine : Tencent détient déjà 9,99 % d’Ubisoft et 25 % de Vantage Studios, qui gère les licences clés.
Bref. L’ironie, c’est que ce plan censé redonner confiance pourrait précipiter Ubisoft dans les bras d’un acquéreur étranger. Selon des analystes, il faudrait au moins trois ans pour qu’Ubisoft renoue avec la croissance, si sa stratégie fonctionne et que ses jeux cartonnent comme à la belle époque. Les prochains résultats trimestriels seront cruciaux pour qu'Ubisoft ne devienne pas un PNJ : RDV le 12 février.











