Pourquoi E. Macron s'est-il rendu en Inde ?

E. Macron/X
Publié le
17/2/2026

E. Macron et N. Modi se sont rencontrés hier à Mumbai pour donner une nouvelle "impulsion" à la relation bilatérale, et aussi pour avancer sur la vente d’au moins 114 Rafales à l’Inde (la plus grande commande de l'histoire de Dassault).

Flashback : Vous pensiez être un(e) pro de la procrastination ? Vous l'êtes sans doute, mais l’Inde fait probablement mieux : cette méga-vente est l'aboutissement d’un appel d'offres gagné par Dassault en… 2012. Mais le pays a décidé d’accélérer la cadence après la mauvaise performance de ses avions en mai dernier, lors d’un conflit de 5 jours avec le Pakistan.


Le 12 février, son ministère de la défense a donc validé l’achat de 114 à 145 Rafales (soit presque autant que ceux de l’armée française) pour 35 milliards de dollars minimum.

  • Cette commande est aussi un pied de nez aux Américains : D. Trump voulait que l’Inde s’équipe de ses bombardiers F-35, mais N. Modi, qui est ciblé en parallèle par ses droits de douane, a préféré décliner.

Alors, où en sommes-nous ? Eh bien, l’Inde n’a pas encore validé son panier. Des paramètres clés sont encore en négo, comme le prix exact (un classique), ou encore la part de made in India puisque le pays aimerait construire une partie des avions.

  • Dassault doit donc réussir à produire localement sans pour autant lâcher le contrôle des codes sources ultra-sensibles des Rafale.

Un peu de recul. Au-delà de la défense et du récent accord commercial avec l'UE, l’Inde et la France aimeraient se rapprocher dans des domaines comme l’énergie : l’Inde, étouffée par la pollution, compte sur EDF pour développer sa filière nucléaire civile. D’où la présence du PDG d’EDF, B. Fontana, dans cette visite officielle.

  • Les deux chefs d’État veulent élever leur relation au rang de "partenariat stratégique spécial mondial". E. Macron met en avant une "troisième voie" fondée sur l’autonomie stratégique, le multilatéralisme et le refus des "méthodes de coercition", sans cibler explicitement la Chine ou les États-Unis.

Bref. E. Macron a débarqué en Inde avec une dream team : en plus de B. Fontana, il a avec lui C. Vautrin, la ministre de la défense, E. Trapier, le CEO de Dassault, et A. Mensch, son +1 au sommet mondial de l’IA de New Delhi.