Pourquoi le gouvernement britannique est contraint d'augmenter massivement les impôts ?

Rachel Reeves/X
Publié le
26/11/2025

R. Reeves, la ministre des Finances britannique, vient de dévoiler son budget (enfin, il avait déjà fuité, mais passons)... et l’addition s’annonce salée pour les anglais.

Pourquoi on en parle ? Le Royaume-Uni s’apprête à faire un tout schuss sur l’impôt : +28 milliards de livres sterling de taxes en plus en 2026, donc les recettes fiscales représenteront 38% du PIB, un record pour le pays.


Dans les faits : Au cœur du projet : 4 ans de gel des seuils de l’impôt sur le revenu, ce qui augmentera mécaniquement le nombre de personnes imposables, et devrait rapporter 8,3 milliards. Il y a aussi une surtaxe sur la retraite par capitalisation (+ 4,7 milliards) et sur les voitures électriques (+ 1,4 milliard), entre autres.


Comment en est-on arrivé là ? R. Reeves, qui avait déjà versé une larme quand K. Starmer n’a pas pris sa défense au Parlement, s’est pris un deuxième mur : zéro marge de manœuvre financière.

  • Malgré un taux d’endettement raisonnable (96% du PIB) par rapport à celui de la France (115%) ou de l’Italie (138%), le Royaume-Uni emprunte plus cher que ses rivaux.

  • Le taux de productivité du pays vient d’être revu à la baisse, ce qui a fait baisser sa prévision de croissance annuelle.

  • Résultat : R. Reeves doit maintenant dégager entre 20 et 30 milliards d’économies supplémentaires pour tenir ses engagements.

Dans le détail : Derrière ces finances plus que délicates à manier, on trouve l’ombre du Brexit : c’est lui qui entache la productivité et qui rend les investisseurs nerveux. En clair, il a réduit le PIB britannique de 6 à 8% et créé un manque à gagner de 90 milliards dans les recettes de l'État, selon le National Bureau of Economic Research, un think-tank américain.



Un peu de recul. Le pari du gouvernement travailliste, c’est de se redonner une marge de manœuvre par les taxes, pour financer son méga plan de relance : il compte investir 100 milliards d’ici 5 ans, pour contrer les effets d’une décennie d’austérité et renflouer des secteurs comme l’éducation, la santé ou les transports.

  • Mais la grande question, c’est de savoir si ces nouvelles taxes n’étoufferont pas l’économie britannique, habituée à tourner avec un impôt plutôt light.

Bref. La livre est remontée pendant le discours de R. Reeves, preuve que ce budget rassure au moins les investisseurs… encore un peu secoués par l'œuvre d’art proposée par L. Truss en guise de budget en 2023.