Pourquoi la chute de la natalité entraîne un risque pour la stabilité économique

Ce n’est plus le baby boom mais le baby blues : pour la première fois depuis 1945, il y a eu plus de décès que de naissances en France en 2025.
Pourquoi on en parle ? La natalité chute en France depuis 2010, mais là, tout s’accélère : le taux de natalité chute plus vite qu’anticipé (-23,6 % depuis 2011) et sans immigration, la population de la France se serait même contractée cette année.
Dans les faits : En France, il y a eu 645 000 naissances contre 651 000 décès l’an dernier, et si la population a augmenté de 0,25% pour atteindre les 69,1 millions de personnes, c’est uniquement grâce à un solde migratoire positif (+176 000 personnes).
Comment en est-on arrivé là ? Comme les cohortes de baby boomers (celles issues du pic de natalité post Seconde Guerre mondiale) ont désormais autour de 80 ans, le taux de mortalité grimpe naturellement, et l’INSEE projette même des pics à 800 000 morts par an d’ici à 2040 avant de se stabiliser en 2052.
- De l’autre côté, selon l’Ined (Institut national d'études démographiques), les jeunes Français veulent toujours des enfants , mais ils en ont moins, plus tard, et dans un climat de défiance envers l’avenir. En cause : les coûts, le manque de confiance en l’avenir et les politiques familiales instables ou rabotées.
- Plus encore, ce tableau assez sombre pêche par une autre donnée clé : la France compte quasi autant de + de 65 ans (22,2 % du pays) que de - de 20 ans (22,5 %). Donc mécaniquement, la main-d'œuvre productive baisse, ce qui va ralentir la croissance et faire décoller les dépenses de santé.
Résultat : Pour continuer de tourner, la France a quatres options : s’endetter massivement, réduire les remboursements des soins médicaux, décaler les départs à la retraite et/ou ouvrir ses frontières.
Un peu de recul. Ces chiffres viennent confirmer une chose : la France n’échappe plus à "l’hiver démographique" qui touche notamment l’Asie du Sud-Est et l’Europe : l’année dernière encore, l’Hexagone faisait encore partie des 7 pays de l’UE à avoir un solde naturel positif. Maintenant, c’est direction la ligue 2 comme Saint-Etienne…
Bref. L’Insee prévoyait un croisement des courbes naissances/décès autour de 2035, mais la France a juste 10 ans d’avance sur le calendrier… L’Etat cherche donc une solution face à cette bascule : une mission d'information parlementaire a été lancée à l’été 2025. Son rapport est attendu fin janvier.











