Comment la baisse du dollar impacte-t-elle l’économie européenne ?

Publié le
29/1/2026

C’est la zizanie sur le marché des changes : l’euro dépasse le seuil des 1,20 dollar pour la 1ère fois en 4 ans, et le dollar est tellement faible qu’il aurait bien besoin d’un shaker de whey.

Dans les faits : Le dollar dévisse (-1,5% face à l'euro cette semaine), et sa chute s’est accélérée quand D. Trump a, malgré tout, assuré qu’il était “en pleine forme” mardi. Les traders y ont vu le signe que la tendance à la baisse allait durer.  

  • Résultat : Le cours de l’or a pris 2% hier et a même dépassé la barre symbolique des 5 300 dollars l’once. L’euro, lui, a atteint son taux de change le plus élevé depuis juin 2021 (1 euro ≈ 1,2 dollar).

Comment en est-on arrivé là ? Les attaques récentes de D. Trump contre le président de la Fed, la banque centrale américaine, J. Powell + l’épisode Groenland (envahira, envahira pas…) ont poussé de nombreux fonds à faire une Marie Kondo dans leurs portefeuilles : exit les obligations américaines qui ne “procurent plus de joie”, et direction les valeurs refuges comme l’or.



Les traders anticipent aussi une opération conjointe sur le marché des changes entre les États-Unis et le Japon. En clair, il s’agirait pour le Japon de racheter du dollar avec du yen, pour booster le cours du yen et freiner l’inflation locale - tout en donnant à D. Trump son fameux dollar faible. Ce qu’on appelle un win-win.



Mais pourquoi D. Trump joue sur les cours ? C’est simple : un dollar faible réduit le prix des exportations américaines, et les rend donc plus compétitives. Et ça, le Président en a grandement besoin pour faire décoller son plan de relance du made in USA qui, pour l’instant, est au point mort.

  • Autre avantage : Un dollar faible tend à augmenter les dividendes des actionnaires : les mêmes revenus réalisés dans des devises étrangères valent soudain plus, quand ils sont convertis en dollars (100 euros valent maintenant 120 dollars, contre 100 auparavant).

Un peu de recul. Maintenir un dollar faible peut aussi être considéré comme un acte agressif des États-Unis : quand le dollar baisse, l’euro monte, ce qui taille la compétitivité du made in Europe. Et le n°1 de la Banque centrale autrichienne, M. Kocher, a fait savoir que la BCE (Banque centrale européenne) devrait baisser ses taux) si la tendance venait à persister.

  • Concrètement, +10 % sur l’euro/dollar, c’est une baisse 0,3 point de PIB et d’inflation, donc l’euro reste durablement au-dessus de 1,20, la croissance 2026 glisserait de 1,2 % à 0,9 %, et l’inflation de 2 % à 1,7 %, sous la cible de la BCE.

Bref. Malgré tout, parier sur le dollar faible, c’est une prise de risque : ce choix creuse le pouvoir d’achat des Américains (avec des importations + coûteuses) et rend les entreprises du pays + vulnérables au rachat par des étrangers.