L'excédent commercial de la Chine a explosé en 2025, et c'est une mauvaise nouvelle pour l'Europe

Jason Yuen
Publié le
14/1/2026

La Chine inonde toujours plus les marchés mondiaux : pour la première fois, son excédent commercial dépasse les 1000 milliards de dollars.

Pourquoi on en parle ? Cette explosion de l'excédent commercial de la Chine menace de mettre KO l’industrie européenne et celle des pays émergents.


Dans les faits : En 2025, la Chine a mis ses lunettes de vitesse : son excédent commercial se chiffre à 1,2 trillion, un record absolu. Et comme la relation K. Jenner - T. Chalamet, cet hiver, tout s’est accéléré : en décembre, ses exportations ont progressé de 6,6 %, là où les analystes tablaient sur +3 %.


Comment en est-on arrivé là ? Loin d’être mis à mal par la hausse des droits de douane engagée par D. Trump, la Chine en a profité pour pivoter ses exportations vers l’Europe, l’Asie du Sud-Est et surtout l’Afrique. Du côté des États-Unis, c’est sans surprise bien plus calme (-20 %).


Problème : Les exportations chinoises à bas coût, portées par un renminbi (leur monnaie) volontairement maintenu très bas depuis la pandémie, saturent les marchés et fragilisent les autres pays. E. Macron, lors de sa visite à Pékin en décembre dernier, avait d’ailleurs déclaré que ce déficit était « insoutenable » et a évoqué une Europe réduite au rôle de « marché de déversement » pour la Chine.

  • D’autant qu’il n’y pas de solution simple pour protéger l’industrie européenne : l’UE pourrait miser sur les droits de douane à la Trump style, sauf que ça entraînerait une hausse des prix et un risque de récession.

  • Plus encore : la Chine pourrait limiter ses exportations de terres rares en retour, et tacler des industries clés (batteries, automobiles, etc.) qui se retrouveraient presque à l’arrêt.

À noter : Un tel excédent pose aussi des problèmes internes en Chine - le secret de sa compétitivité, c’est que le pays enchaîne les épisodes de déflation, qui étouffent sa consommation interne (+1,3% en 2025, la pire perf’ en 3 ans).


Un peu de recul. Pour les économistes D. Autor et G. Hanson, on assiste à un “deuxième choc chinois”. Le premier a torpillé les secteurs manufacturiers européens et américains. Le deuxième pourrait être encore plus brutal, grâce à la montée en puissance de la Chine sur les industries cruciales du XXIème siècle (énergies renouvelables, IA, semi-conducteurs, batteries, etc.).


Bref. En mars, la Chine publiera son 15ème plan quinquennal, qui dirigera son économie pour la période 2026-2030. Et, pour J. Wuttke, ex-président de la Chambre de commerce européenne, il viserait à assurer au pays un contrôle de 40% de la production manufacturière du monde en 2030, contre 30% aujourd’hui (ce qui ne serait plus un uppercut pour l’Europe, mais un K.O.).