Pourquoi D. Kretinsky veut-il s'emparer de Fnac-Darty ?

Fnac
Publié le
27/1/2026

Et vous, vous feriez quoi si vous étiez un milliardaire tchèque ? D. Kretinsky, lui, a choisi de racheter, non pas un yacht XXL, mais le groupe Fnac Darty. Et tout ça pour embêter les Chinois.

Pourquoi on en parle ? C’est simple : les investisseurs jubilent. Depuis l’annonce, vendredi, les actions du groupe ont pris 17% et l’offre de D. Kretinsky fait monter la capitalisation de Fnac Darty à plus d’1 milliard d’euros.

Dans les faits : D. Kretinsky est déjà le principal actionnaire du groupe avec 28,5% du capital, mais il en veut +. Il a donc lancé une offre publique d’achat (OPA), c’est-à-dire qu’il a proposé de racheter des actions Fnac Darty aux actionnaires pour dépasser les 50% de parts dans le groupe (soit ≈ 230 millions d’euros).

  • Dans le détail : Pour convaincre les actionnaires de céder leurs parts, le Tchèque propose de racheter les actions pour 36 euros pièce, soit une prime entre “24 et 26% sur la moyenne des cours de Bourse” assure la Fnac.

Rappel : D. Kretinsky est un habitué des investissements sur le sol français. L’homme d’affaires a longtemps été au capital du Monde et possède encore le magazine Elle, Marianne ou encore 45% de Loopsider et 5% de TF1.


Un peu de recul. Mais alors quel intérêt pour lui (à part les -5% sur les livres grâce à la carte Fnac) ? Avec cette offre, le Tchèque empêche surtout le géant chinois du commerce en ligne, JD.com (qui rachète le distributeur allemand Ceconomy, qui détient lui-même + de 20% de Fnac-Darty) de prendre plus de place. Une décision approuvée par Bercy qui voyait d’un mauvais œil cet interventionnisme chinois.



Mais pourquoi tout le monde veut prendre sa place ? Fnac-Darty, ce n’est pas que cuiseur à riz et enceintes JBL : c’est surtout un leader dans la distribution européenne avec + de 1500 magasins dans 14 pays différents. C’était donc une occasion en or pour JD.com qui veut aider des centaines de marques chinoises à gagner des parts de marché en Europe.

  • À noter : Cette semaine, Fnac-Darty se sépare aussi d’une de ses enseignes phares, Nature & Découvertes, les huiles essentielles et chaises de camping n’étant plus assez rentables pour le groupe aux + de 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Bref. Bon… même si l’option Kretinsky est privilégiée par le gouvernement, ce n’est pas non plus sans risque. Cette prise de contrôle pourrait boucler une intégration verticale massive : Kretinsky maîtrise déjà l’édition avec Editis, la distribution avec Interforum, et potentiellement la vente directe avec FNAC. En clair, il pourrait contrôler toute la chaîne de valeur, et ça, à l’approche des présidentielles de 2027.