La Belgique entre dans une grève nationale de trois jours : pourquoi ?

Aboodi Vesakaran/Unsplash
Publié le
24/11/2025

Pour une fois que la France se trouve des points communs avec la Belgique... Les réformes économiques poussent le pays à bout et les syndicats réagissent en provoquant une grève nationale de trois jours.

Pourquoi on en parle ? C’est du jamais vu depuis les années 1980 : tout va être paralysé. Les transports publics et les chemins de fer ont déjà commencé hier. Ils vont être rejoints aujourd’hui par les services publics avant la grosse fête mercredi avec une grève interprofessionnelle. Trains supprimés, vols annulés, écoles fermées : ça promet.  


Comment en est-on arrivé là ? Comme la France, l'Italie et la Grèce, la Belgique se trouve un peu dans le pétrin niveau dette : concrètement, si rien n’est fait, les intérêts grimperaient de 11 milliards d’euros cette année à 41,5 milliards en 2034.


Résultat : Au pouvoir depuis février, le premier ministre B. de Wever a pour objectif d’économiser 20 milliards d’euros, sauf que ça ne plaît à personne : d’un côté, les syndicats dénoncent une “casse sociale” et de l’autre côté, la coalition gouvernementale Arizona n'arrivait à se mettre d’accord sur presque rien.

  • Donc entre-temps, B. de Wever a rendu une petite visite au roi Philippe, chef de l’Etat, pour agiter la menace de sa démission. Il s’est donné jusqu’à Noël pour trouver un accord.

Et maintenant ? La coalition a trouvé un accord dans la nuit de dimanche à lundi. Il pourrait permettre de réaliser 9,2 milliards d'euros d’économies d’ici 2029 dont les mesures phares portent entre autres sur une hausse de la TVA sur certains produits ou la modification du régime de retraite de la SNCB, l’équivalent de la SNCF belge.

  • Mais l’opposition n’est pas satisfaite : les mesures budgétaires feraient plutôt peser la facture sur les ménages à faibles et moyens revenus.

Un peu de recul. Les syndicats et l'opposition ne sont pas contre des réductions du budget mais pointent surtout des dépenses un poil inefficaces. Comme les aides aux entreprises, de 25 milliards d’euros en 2024 qui n’ont selon la Banque nationale eu quasi aucun effet sur l’emploi.


Bref. L’accord gagné dans le sang et les larmes sera présenté devant la chambre mercredi, avec un débat jeudi et un vote le lendemain. Et B. de Wever dans tout ça ? Eh bien il n’était même pas au courant : “Vous n’allez pas le croire, je n’ai même pas pensé aux trois jours de grève”.