Après le rejet du budget, quelles sont les options du gouvernement ?

Les députés ont massivement rejeté la première partie du projet de loi de finances (PLF) de 2026.
Pourquoi on en parle ? C’est historique. Jamais un texte n’avait été balayé avec une telle force sous la Ve République : 404 députés ont voté contre, et seul au monde, H. Huwart, député LIOT, a voté pour. Cette claque politique met fin à + de 125 heures de débats (le plus long débat budgétaire sous la Ve République).
Dans les faits : Le budget est rejeté pour plusieurs raisons. Pour la gauche, le texte manque de justice fiscale, pour la droite, il est devenu trop chargé en impôts, et même la majorité présidentielle, censée le soutenir, s'est abstenue. Le rejet renvoie le budget au Sénat dans sa version initiale : en clair, c’est comme si l’Assemblée n’avait jamais débattu, alors que S. Lecornu voulait un budget porté par les députés.
Un peu de recul. Le Sénat est majoritairement dominé par la droite, donc vous savez ce qui va arriver… Un sénateur LR a même parlé de “passer la tronçonneuse” dans le budget - d'ailleurs, le Sénat a voté un allongement du temps de travail annuel de 12 heures pour un rendement estimé à + de 10 milliards d’euros par an. La mesure a peu de chances de survivre à l’Assemblée mais elle annonce la couleur…
Et maintenant ? Le timing est hyper serré. Le Sénat a jusqu’au 23 décembre pour examiner le texte, avec un probable passage en commission mixte paritaire (composée de 7 sénateurs et 7 députés) qui sera chargée de trouver un compromis. Compromis qui risque d’être rejeté à l’Assemblée, où le PS pourrait ne pas suivre si le texte vire trop à droite. Il reste donc plusieurs options pour Matignon :
- Simple et efficace, le 49.3, sauf que S. Lecornu avait promis de ne pas l'utiliser. Mais certains y voient une solution pour « sauver les meubles », en forçant un budget sans affronter de censure du PS.
- Les ordonnances, jamais utilisées pour un budget, mais prévues par la Constitution si le Parlement ne statue pas dans les délais fixés.
- La loi spéciale, scénario le plus probable, déjà testée en 2024. Elle permet de garantir la continuité de l’État sans nouveau budget. Mais c’est une solution à court terme, qui figerait les crédits.
Bref. Il reste trois semaines pour bâtir un compromis budgétaire, et vu la situation actuelle, même Jack Bauer aurait sûrement jeté l’éponge.











