Kering s'envole en Bourse malgré des résultats mitigés

Dima Pechurin
Publié le
11/2/2026

Kering termine 2025 avec des pertes pour la troisième année de suite, et pourtant, son action a pris 11% en Bourse. Pourquoi ? Les investisseurs ont confiance.

Dans les faits : Oui, le chiffre d’affaires du géant français du luxe a baissé de 10% (à taux de change comparables), pour un total de 14,6 milliards d’euros. Mais c’est ok : le pire est derrière nous, affirme le groupe, et les investisseurs y croient.

Dans le détail, son résultat net tombe dans le rouge à -29 millions notamment à cause de la fermeture de 75 magasins principalement en Chine. Si on enlève ces frais exceptionnels, le groupe affiche 532 millions de bénéfices cette fois (en baisse malgré tout de 56% sur un an).


Plus encore, le chiffre d’affaires de Gucci, marque phare du groupe (≈ 60% de ses bénéfices) a baissé de ≈ 20%, à 6 milliards. Mais, si on regarde de plus près, les ventes n’ont baissé que de 10% au dernier trimestre 2025, contre 22% pour les 9 premiers mois de l’année. C’est d’ailleurs la baisse la moins importante depuis 2 ans. Parce que “les grandes marques sont immortelles”, assure L. de Meo.

  • Le Lisan al-gaib DG fraîchement arrivé de Renault résume : “La performance du groupe en 2025 ne reflète pas son véritable potentiel.” Et les investisseurs le croient sur parole. Mais aussi grâce à ses actes : en 2025, la dette nette du groupe a diminué de 2,5 milliards sur un an, pour un total de 8 milliards.

Et maintenant ? L. de Meo doit présenter son plan stratégique en avril à Florence, et les investisseurs parient beaucoup là-dessus. Pour relancer le groupe, le DG devrait miser sur une optimisation de ses frais de production pour améliorer sa rentabilité, restructurer complètement son organisation, et renforcer son segment joaillerie “moins dépendant du cycle naturel de la mode” (que Gucci par exemple).

  • À noter : Le groupe compte aussi fermer une centaine de boutiques, dont beaucoup de Gucci sous-performantes.

Bref. En attendant Florence, les yeux seront rivés sur la Fashion Week de Milan qui sera décisive : les critiques scruteront attentivement le premier défilé de Demna, directeur artistique nouvellement arrivé chez Gucci. À voir s’il arrivera à séduire de nouveau une clientèle aisée qui (re)portera la marque au sommet.