Google est en train de réussir l'impossible : bousculer Nvidia sur son propre terrain

Publié le
26/11/2025

Bon, oubliez Nvidia, les tech bros ont changé de cible : ils ne parlent plus que de Google. L’action Alphabet s’envole, pendant que celle de Nvidia continue sa chute libre : -3,5% hier, et -15% depuis le début du mois.

Comment en est-on arrivé là ? Meta projette d’acheter plusieurs milliards de dollars de TPU à Google (leurs puces IA faites maison), ce qui bouleverserait le marché dominé par Nvidia.


Un peu de contexte : Les “7 magnifiques” (les mastodontes de la tech) sont toutes ultra-dépendantes des puces de Nvidia, les fameux GPU. Et jusqu’ici, il n’était pas question pour Google de vendre son précieux, réservé à entraîner son modèle Gemini ou à faire tourner son cloud.

  • Mais Nvidia n’arrive pas à suivre la demande et ses puces sont chères, donc les “7 magnifiques” aimeraient diversifier leurs fournisseurs de puces… ce que les TPU pourraient rendre possible.

  • Et les puces de Google ont plusieurs avantages clés : d’abord, elles consomment moins d’électricité que les GPU et ensuite, elles ont été conçues spécialement pour entraîner l’IA, donc elles sont plus flexibles que leurs rivales, à l’origine pensées pour faire tourner des cartes graphiques.

  • D'ailleurs, si Google a réussi à réduire les hallucinations de l’IA avec son modèle Gemini 3, dévoilé la semaine dernière, ça serait en grande partie grâce à ces fameuses puces…

Résultat : Google a gagné presque 1 000 milliards de dollars de capitalisation depuis la mi-octobre. Et Nvidia bascule du mauvais côté : -740 milliards depuis le 1er novembre. La barre des 5 000 milliards de valorisation, qu’elle a été la première de l’histoire à atteindre, est loin : Nvidia pèse 4 180 milliards de dollars, et elle s’apprête à céder sa couronne à Apple.


Un peu de recul. Pas de risque que Nvidia soit remplacée sur le court terme : même Google ne pourrait pas produire assez de TPU pour répondre à ses besoins, et sa maison-mère, Alphabet, devrait rester un des plus gros clients de Nvidia pour les années à venir. Meta, elle, n’intégrerait les TPU qu’à partir de 2027.


Bref. Le vrai risque pour Nvidia, c’est de devenir le canard boiteux : la surperformance des “7 magnifiques” part du principe qu’elles vont toutes se partager les gains du boom IA. Mais si Meta, Google ou Amazon se mettent à développer leurs propres puces, alors Nvidia pourrait vite perdre sa place au centre de l’écosystème IA… et finir mangée par ses clients.