La menace du crédit privé

Ares et Apollo : non, ce n’est pas une interro d'histoire. C’est le nom de géants du crédit privé dans le dur, qui donnent des sueurs froides à leurs investisseurs.
Pourquoi on en parle ? Selon certains experts, le crédit privé pourrait être à l'origine d'un remake de la crise de 2008. Et depuis plusieurs semaines, les problèmes s'enchaînent pour cette classe d'actifs.
Dans les faits : Ares et Apollo viennent de limiter les ventes de parts de leurs investisseurs à 5% ce trimestre, contre 11,2% demandés pour Apollo et 11,6% pour Ares. En Bourse, il y a de quoi inquiéter les foules : depuis le début de l'année, Ares perd 35%, Apollo 25% et l'autre poids lourd du secteur, Blue Owl, 41%.
Pour le comprendre, il faut revenir à l'essence du crédit privé. On parle là des prêts accordés par des investisseurs non bancaires à des entreprises. Parmi elles, certaines n'arrivent pas à obtenir de prêts auprès des banques classiques. Plus risqués, oui. Et moins régulé, ce marché estimé à 2 000 milliards de capitalisation - et en pleine explosion - inquiète.
- Plus que tout, c’est l’exposition du crédit privé aux entreprises de logiciels qui inquiète. En clair, des géants comme Ares, Apollo et Blue Owl dédient 30% de leurs prêts à ce secteur, pour lequel l’IA représente une menace existentielle (merci Claude). Si ces entreprises s’effondrent, elles pourraient entraîner toute l’industrie du crédit privé avec elles.
Résultat : Pour l’investisseur A. Brown (+ vos twittos finance préférés) il y a “des échos” de la crise financière de 2008 en ce moment... Et le schéma d’une crise financière qui partirait du crédit privé est clair :
- L’IA bouleverse le marché, les entreprises financées par le crédit privé chutent → le crédit privé s’effondre → les banques classiques, qui financent les géants du crédit privé, essuient de grosses pertes → elles réduisent leurs prêts pour rétablir leurs comptes → l’économie, mal financée, entre en récession.
Un peu de recul. Toute la question est donc de savoir à quel point le circuit bancaire classique est exposé au crédit privé - beaucoup + opaque. La Banque centrale européenne affirme se pencher sur la question, tout comme la Securities and Exchange Commission aux États-Unis.
Bref. Pour ceux qui aiment voir le verre à moitié plein : Goldman Sachs estime que les prêts bancaires se contracteraient de 5 à 6% en cas de défaut massif de l’industrie du crédit privé… contre une contraction de 55% pendant la crise de 2008.











