E. Macron a annoncé un projet de service militaire volontaire. Mais ça coûte combien ?

Elysée
Publié le
27/11/2025

E. Macron compte établir un service militaire volontaire, une mesure qui devrait concerner 10 000 jeunes par an à horizon 2030 (et relancer le pantalon cargo ?).

Dans les faits : Après des années d’hésitation, E. Macron a fixé son projet de refonte du service militaire : pas obligatoire (ce qui aurait coûté 15 milliards par an) mais volontaire, et il concernera d’abord les 18-19 ans.

Alors qu’on se le dise, il ne s’agit pas de finir en Ukraine post-bac : ce service durera dix mois, et il se tiendra sur le territoire. Il sera aussi payé entre 900 et 1 000 euros par mois, et chaque volontaire aura la possibilité de devenir réserviste à l'issue du périple.  

  • À noter : Les services militaires contiennent ce que l’ex-président R. Nixon appelle une taxe cachée : en clair, ceux qui choisissent de le faire seront payés bien en-dessous de ce qu’ils pourraient gagner dans le civil.

Problème : Le coût du programme est estimé à 2 milliards d’euros d’ici 2030 dont la moitié serait consacrée au logement (histoire d’éviter une ambiance camping dans les casernes). Mais le gouvernement a peut-être été un peu optimiste sur ses calculs…

  • En tout cas, c’est ce qui est arrivé au SNU (Service national universel), lancé par E. Macron en 2019 et jamais généralisé à l’ensemble des 15-17 ans comme prévu : pour la Cour des comptes, sa version complète aurait coûté 10 milliards par an contre un coût estimé à 2 milliards au départ.

Un peu de recul. Face à l'agressivité de la Russie et aux SMS de l’OTAN laissés en “vu” par les États-Unis, l’Europe n’a plus trop le choix : les 27 veulent gonfler leurs armées. Résultat, la question du recrutement des jeunes devient centrale.

  • Certains misent sur la carotte (l’Allemagne vient d’augmenter le salaire des jeunes en service militaire), d'autres sur le bâton (la Croatie vient de le rendre obligatoire).

  • Mais l’approche la plus commune reste de miser sur le volontariat, même si elle a ses limites : en Allemagne, près de 16% des postes de gradés étaient vacants l’année dernière.

Bref. En tout cas, pour l’instant, les Français disent un grand oui au retour des treillis : 88% du pays approuve le projet d’E. Macron, selon un sondage Odoxa-Backbone pour le Figaro.