Viktor Orban pourrait-il chuter après avoir passé 16 ans au pouvoir ?

Victor Orban/X
Publié le
10/4/2026

V. Orbán, le Premier ministre hongrois, lui, va devoir relever le plus grand défi de ses 16 dernières années au pouvoir. Et la situation économique instable du pays (entre beaucoup d’autres) pourrait bien jouer contre lui.

Pourquoi on en parle ? Dimanche, l’heure sera aux élections. Fidesz (le parti du Premier ministre) vs. Tisza. Seulement voilà : la croissance a connu mieux, l’inflation galope, l’immobilier explose, les services publics ne sont plus ce qu'ils étaient… Bref, c'est la première fois depuis 2010 que V. Orbán n’est pas sûr de l’emporter, malgré tout le système mis en place pour s’assurer de rester au pouvoir.

Dans les faits : Sous son règne, la Hongrie a chuté à la dernière place du classement annuel de perception de la corruption de l’UE. Et sa croissance économique a été inférieure à celle des autres pays d’Europe de l’Est : le PIB par habitant atteint 76% de la moyenne de l’UE, derrière la Roumanie et la Pologne. De 2023 à 2025, le PIB n'a progressé que de 0,2% en cumulé.

  • Plus encore, après avoir culminé à + de 17% en 2023, l'inflation est retombée, sauf qu'elle est restée à 4,4% sur un an en 2025, et ne devrait pas redescendre sous les 3% en 2026 selon les prévisions.

  • Pourquoi ? La production industrielle est au plus bas et le pays n’a pas réussi à se diversifier suffisamment. Pourtant, BYD, le géant chinois de l’électrique, a choisi la Hongrie (soutien du régime chinois) pour construire sa première usine européenne, un investissement à + de 4 milliards d’euros qui aurait dû en attirer des milliards d’autres.

Problème : L’entente pourrait ne pas durer, alors que V. Orbán est aussi trèèès proche de D. Trump et V. Poutine (l’ami de mon ennemi...). Mardi, le vice-président américain J. D. Vance lui a même rendu visite pour le soutenir.



Un peu de recul. Le Premier ministre a encore quelques cartes à jouer pour convaincre les électeurs. Une des ses tactiques préférées : distribuer des cadeaux type nourriture, petites sommes d’argent… Notamment à la tranche de la population la plus précaire, soit 400 000 électeurs qui représentent 5% de l’électorat hongrois, et qui pourraient bien tout faire basculer.

  • À noter : Les marchés de prédiction (type Polymarket) anticipent une défaite de V. Orbán. Hier, les mises en faveur du candidat adverse, P. Magyar, ont dépassé les 70% (contre moins de 30% qui pensent que le Premier ministre actuel va l’emporter).

Bref. De son côté, P. Magyar (pas celui à pointes, non), voudrait s’éloigner de la Russie, lutter contre la corruption et redonner leur indépendance au pouvoir judiciaire et aux médias. Et surtout, le député européen veut que la Hongrie reprenne sa place dans l’UE, que V. Orbán critique ouvertement.