Les taux directeurs de la BCE augmentent

Maryna Yazbeck/Unsplash
Publié le
15/6/2026

La Banque centrale européenne (BCE) a fait passer ses taux directeurs de 2 à 2,25%.... et ça va changer pas mal de choses.

Dans les faits : Les taux vont augmenter pour la première fois depuis septembre 2023 et c'est une décision qui a été adoptée "à l'unanimité". La présidente C. Lagarde a aussi écarté l'idée d'une hausse de taux "préventive" : selon elle, la BCE a simplement réagi à une inflation qui risque de rester durablement au-dessus de son objectif de 2%.

Et selon les infos de Bloomberg, une deuxième hausse serait même envisagée dès juillet. La Banque centrale a donc clairement choisi son combat : freiner l’inflation, au risque de ralentir l’économie globale.

  • Pour rappel, quand les taux augmentent, emprunter devient + cher. La consommation et les investissements tendent donc à ralentir. En clair, remonter les taux quand la croissance stagne peut plonger une économie en récession.

En clair, la BCE cherche surtout à éviter son erreur en sortie de Covid : à l’époque, elle avait tardé à réagir à l’envolée des prix après l’invasion russe en Ukraine. Résultat : la zone euro s’est enfoncée dans une spirale inflationniste qui a durement marqué les ménages (qui se souvient de la shrinkflation des tablettes de chocolat ?).

Problème : Pour certains, la croissance est trop faible en Europe pour supporter une remontée des taux. Les journalistes M. Gilbert et J. Blas estiment qu'elle devrait plutôt se concentrer sur la relance de la croissance.

  • D'autant plus que dans la zone euro, la croissance vient d’être revue à la baisse (+0,8% attendu sur un an en mai, soit -0,1% par rapport aux projections de mars). En France, c’est carrément pire : la croissance a reculé de 0,1% au premier trimestre 2026. L’économie commence à ressembler à un Mister Freeze sous canicule...

Un peu de recul. Dans son discours (auquel on a pu assister), C. Lagarde s'est quand même voulu rassurante en rappelant aux entreprises la nécessité de continuer à investir dans le numérique et l’IA. Elle a aussi affirmé que les investissements d'État dans la défense devraient continuer à porter l’économie, malgré la hausse des taux. En clair, il ne faut pas encore jeter l'éponge.

Bref. N’empêche, la BCE reste la première grande institution du G7 à remonter ses taux. Le Japon devrait bientôt suivre, alors que d'autres, comme le Canada, prévoient de maintenir leurs taux inchangés.