La BCE maintient ses taux inchangés malgré la flambée des cours de l'énergie

Comme Orelsan et Gringe sur leur canapé, la BCE (Banque centrale européenne) reste bloquée.
Dans les faits : La BCE maintient ses taux directeurs à 2% pour la sixième fois de suite puisqu’elle ne s’attend pas à une envolée de l’inflation à court terme. Les collègues de la Fed (Banque centrale américaine), de la Bank of England (BoE) et la Banque centrale japonaise ont aussi fait le même choix.
- Rangez le Ruinart, la guerre va quand même impacter les économies du continent… La Banque centrale prévoit une inflation à 2,6% cette année (+0,7% par rapport à sa projection de décembre), et 0,9% de croissance (-0,3% comparé aux projections de décembre). En clair, tous les indicateurs se détériorent.
Concrètement, les banques centrales temporisent : pas question de bouger sans visibilité sur la durée du conflit. Tout va dépendre de l’état des infrastructures énergétiques. Si elles sont durablement endommagées, les cours du pétrole et du gaz risquent de rester aussi high que Snoop Dogg à Amsterdam.
- Pour le moment, ces frappes causent de vrais dégâts : mercredi, deux des terminaux gaziers du site de Ras Laffan, le + grand gisement gazier au monde, ont été endommagés.
- Résultat : Le Qatar dit avoir perdu 17% de ses capacités d’exportation sur un horizon de 3 à 5 ans. Un scénario “cauchemardesque” selon une ancienne analyste de BP.
Un peu de recul. La BCE qui temporise, ça rappelle des mauvais souvenirs... En 2022, post-Covid, elle a été très critiquée pour avoir trop attendu avant de remonter ses taux, laissant s’installer l’inflation qui a atteint les 10% en octobre de la même année. Pour rattraper le coup, elle avait ensuite brutalement augmenté ses taux pour freiner l’activité au risque de casser la dynamique économique.
- Mais comme Kanye West qui tente un come-back, la BCE promet que cette fois-ci, c’est différent. Pourquoi ? Entre autres parce que l’UE a diversifié son mix énergétique depuis 2022, ce qui la rend moins vulnérable à une baisse de la production de certains pays.
Bref. Dans son discours, C. Lagarde, présidente de la BCE, a aussi souligné les points forts de l’économie européenne : la consommation reste élevée, la croissance devrait être portée par les investissements dans la défense, sans compter le pire ennemi du Salon de l’agriculture, le Mercosur.











