Swatch x Audemars Piguet : le géant suisse compte sur ce coup marketing pour se relancer

Swatch
Publié le
18/5/2026

Vous l'avez sûrement vu : Swatch a (un peu trop) cartonné grâce à son partenariat avec Audemars Piguet lancé ce week-end…

Pourquoi on en parle ? Ce partenariat, c'est une belle victoire pour le groupe suisse. Et ça tombe bien... Malgré l'engouement médiatique et les files d'attente devant chaque boutique Swatch plus longues que devant le Master Poulet de Saint-Ouen, l'horloger est dans le dur depuis plusieurs années.

Comment en est-on arrivé là ? Depuis 1980, Swatch est le pionnier des montres en plastique accessibles, avec une créativité inhabituelle dans ce secteur. Mais depuis 2010 et le décès de son fondateur N. Hayek, les investisseurs (et les fans) estiment que le groupe a perdu son avance en matière de créativité.

  • Dans les faits : Depuis 2013, la capitalisation boursière du groupe a chuté de près d'un tiers par rapport à son sommet historique, et l'action a même nettement sous-performé Richemont (Cartier, Piaget, Jaeger-LeCoultre…) et d’autres poids lourds du secteur.

Pourquoi ? Côté opérationnel, ce n’est pas ça… Le groupe a maintenu une production élevée pour préserver l’emploi, sauf que le marché de l’horlogerie est en plein ralentissement. Résultat des courses : sur cinq ans, les stocks ont augmenté de 16% et le résultat opérationnel du groupe a, lui, baissé de 56%. Son bénéfice net a même chuté de près de 90% l’an dernier.

  • Pire encore, l’action du groupe est l’une des plus "shortées" d'Europe. En clair, presque un tiers des actions en circulation sont utilisées pour parier sur sa chute en Bourse. Et pour ne rien arranger, le fondateur du fonds activiste GreenWood Investors essaie depuis deux ans d’intégrer le conseil d’administration de Swatch pour mettre la pression.

Et maintenant ? Grâce à sa collaboration avec l’un des membres de la “Sainte Trinité horlogère” (Audemars Piguet, Patek Philippe et Vacheron Constantin), Swatch espère se refaire une santé - selon Barclays, cette opération pourrait générer plus d’un milliard de francs suisses de revenus cumulés d’ici 2029.


Un peu de recul. Tout ça, c'est bien beau, mais certains analystes pensent que cette collab' ne suffira pas à l’horloger pour revenir dans le vert. Et pour cause : Omega (l’un des piliers du groupe) perd du terrain face à Rolex, les montres connectées fragilisent les marques de milieu de gamme comme Tissot, et le marché chinois fait la tête...


Bref. Du côté d’Audemars Piguet, l’objectif est avant tout de toucher une nouvelle génération de clients qui, dans 20 à 30 ans, pourra se permettre de passer à l’étape supérieure en s'offrant une Royal Oak à 35 000 euros.