Kevin Warsh pourrait devenir le président de la Réserve fédérale le + riche de l’histoire.

Unsplash
Publié le
15/4/2026

Saviez-vous que K. Warsh, le probable futur président de la Fed (Banque centrale américaine), était (très) riche ? On parle tout de même d'une fortune estimée à 192 millions de dollars, et ça risque de poser problème...

Dans les faits : K. Warsh a dévoilé l’étendue de sa fortune dans un document de 69 pages avant son audition devant le Sénat américain la semaine prochaine.  

Au total, on parle de 192 millions de dollars, donc, mais sa déclaration mentionne deux investissements de “plus de 50 millions” sans préciser leur montant. En clair, son patrimoine pourrait donc bien valoir le double, voire le triple.

  • Plus encore, il est marié à J. Lauder, une héritière de la boss lady des cosmétiques Estée Lauder. À ce titre, elle possède + d’1,5 milliard de dollars d'actions Estée Lauder...

On parlerait donc, s'il le devient, du président de la Réserve fédérale américaine le + riche de l’histoire.

Comment en est-il arrivé là ? K. Warsh est investisseur dans une dizaine de startups, dont Friend (le fameux collier IA qui a fait débat dans le métro parisien) ou encore l’appli de fêtards Partiful, et même la plateforme de marché de prédiction Polymarket. Il garde aussi une soixantaine de ses investissements confidentiels, mais promet de revendre ses parts s’il prend la tête de la Fed.

Problème : Ses placements font craindre de possibles conflits d’intérêts, alors que l’administration Trump est déjà composée d’un nombre record de multimilliardaires (12 personnes dont la fortune totale fait à peine la moitié de celle d'E. Musk…), et que D. Trump aurait profité de son retour au pouvoir pour empocher + de 4 milliards de profits en 2025, selon le New Yorker.

  • Certains craignent donc que K. Warsh ne mène une politique monétaire trop pro-marché dans le but de faire gonfler son patrimoine et celui de son entourage, plutôt qu’une politique conforme aux missions de la Fed, c'est-à-dire viser le plein emploi et maintenir la stabilité des prix.

Un peu de recul. Le futur Tom Cruise de l’économie devra aussi réussir la mission impossible de rester dans les bonnes grâces de D. Trump tout en résistant à ses demandes répétées de réduire les taux (de quoi booster l’activité, mais au risque d’enclencher une spirale inflationniste).

  • À noter : K. Warsh ne serait pas le premier président de la Fed à être très aisé. J. Yellen (2014-2018) avait une fortune estimée à 14 millions de dollars et surtout J. Powell, le président actuel, à + de 100 millions. Donc ces craintes sont peut-être exagérées.

Bref. Pour l’instant, la nomination de K. Warsh est bloquée par le sénateur républicain T. Tillis : il refuse de confirmer le jeune Kevin tant que le gouvernement n’abandonne pas ses poursuites contre J. Powell, qu’il juge politiquement motivées.