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La France doit-elle s'équiper en clim' ?

Everett Pachmann/Unsplash
Publié le
24/6/2026

Pour ou contre la clim’ ? Vous avez quatre heures… En tout cas, la France est beaucoup moins équipée que l’Espagne ou l’Italie, mais au vu du four dans lequel on est en ce moment, les choses pourraient vite changer.



Pourquoi on en parle ? Alors que les canicules s’intensifient, les partis politiques sont en train de faire un grand Ctrl+Z par rapport à la clim’ : elle n’est plus “un tabou” pour les écologistes, il en faudrait “partout où c’est nécessaire” pour le gouvernement et le RN veut un “plan climatisation”...

Dans les faits : Tout le débat autour de la clim’ porte sur sa consommation énergétique. En clair, jusqu'ici, on estimait que + de clim' ⟹ + de dépenses énergétiques ⟹ + de gaz à effet de serre ⟹ accélération du réchauffement climatique.

  • Plus encore : La clim’ renforce des îlots de chaleur urbains (entre +1 et +2 degrés la nuit en ville, quand son usage est généralisé).  

  • Résultat : Pour ceux qui ne l'auraient pas remarqué, la France est assez peu équipée : 25% des logements sont climatisés, contre 56% en Italie et + de 90% aux États-Unis et au Japon. Et c’est encore pire quand on regarde les écoles (14%) ou les transports (7%), ce qui explique notamment l'ambiance pogo de festival dans les métros.

Et maintenant ? Si les États-Unis, la Chine ou l’Inde s’appuient de temps en temps sur des usines à gaz et à charbon pour faire tourner les clim’, en France c’est une autre histoire. Selon F. Gemenne, auteur du GIEC, la production électrique française (qui alimente les clim’) est largement décarbonée aujourd’hui, donc les critiques traditionnelles sont moins pertinentes.


Un peu de recul. Toujours selon F. Gemenne, la canicule pèse aussi lourdement sur l’économie : selon des travaux du CNRS, les vagues de chaleur ont généré 37 milliards d’euros de coûts entre 2015 et 2020, dont 31 milliards liés à la mortalité. Et selon une étude d’Allianz Trade, les vagues de chaleur pourraient coûter jusqu’à 210 milliards d’euros à la France d’ici 2030.

  • À noter : Un consensus scientifique situe à 25 °C le seuil à partir duquel la productivité commence à diminuer, puis au-delà de 34 °C, elle peut chuter jusqu’à 50 % selon les chiffres du Haut-Commissariat au plan. Et le problème en France, c’est qu’environ 35 % des travailleurs sont exposés à des températures élevées.

Bref. Malgré tout, il reste encore la question du financement de la climatisation... D’un côté, certains plaident pour des subventions directes à l’achat de climatiseurs, sur le modèle des aides à l’isolation ou aux pompes à chaleur. D’autres estiment que l’État ne doit pas financer des équipements énergivores et préfèrent des prêts à taux réduit...