École bloquée, budget serré

La semaine dernière, c’était on fire dans les lycées de France : les élèves ont bloqué leurs établissements et demandé + de moyens humains et financiers. Mais est-ce vraiment réalisable ?
Un peu de contexte. Entre 400 et 500 lycées doivent être partiellement ou totalement fermés aujourd’hui même si S. Lecornu a exigé une reprise des cours “partout” où la sécurité le permet.
- Selon V. Pécresse, les dégâts provoqués par ces blocages dans les lycées en Île-de-France vont coûter 7 millions d’euros. La région Auvergne-Rhône-Alpes, elle, chiffre les dégâts dans sa région à 30 millions d’euros.
Que peut faire l’État ? Répondre aux demandes des lycéens, et c’est en partie ce qu’il fait : le budget 2027 de l’Éducation nationale augmenterait de 1,2 milliard d’euros pour atteindre les 64 milliards, si le budget est adopté sans modification… Alors que ce même budget 2027 prévoit un effort d’environ 54 milliards d’euros.
- Et si on compare avec nos voisins : Selon la Fondation IFRAP, en 2022, la France dépensait 14 milliards de plus pour l’éducation primaire et secondaire que la moyenne de la zone euro (soit 3,45% de son PIB, contre 2,90%).
Problème : En France, en 2022, plus de 70% des bâtiments avaient plus de 50 ans. En 2023, E. Macron voulait donc en rénover 40 000 sur dix ans, sauf que le manque de fonds freine ces projets, et 40 millions d’euros ont été gelés en 2026.
- Résultat : Maintenant que les dégradations liées aux blocus ajoutent une nouvelle facture, G. Darmanin, ministre de la Justice, veut appliquer le principe du “casseur-payeur”.
- Mais que dit la loi ? Oui, les parents peuvent déjà être tenus responsables des dégâts causés par leur enfant mineur, mais les démarches sont très complexes.
Un peu de recul. Les lycéens demandent + de profs, mais là, c’est problématique : le gouvernement prévoit la suppression de 1 588 postes d’enseignants titulaires. L’État se défend en justifiant ces suppressions par la baisse du nombre d’élèves, estimée à environ 180 000 - proportionnellement, cette chute aurait dû entraîner la suppression de 9 600 postes.
Bref. Le gouvernement a donc annoncé 5 chantiers prioritaires pour répondre aux revendications : accélérer le remplacement des enseignants absents, identifier les rénovations urgentes des établissements, améliorer l’accès aux infirmières et psychologues scolaires, proposer des améliorations de Parcoursup d’ici fin octobre et renforcer le dialogue avec les représentants lycéens. Mais une mobilisation est prévue le 6 octobre, donc pas sûr que ces propositions aient convaincu les lycéens.











